Après avoir longé la côte caraïbe, nous décidons de changer complètement de décor. Direction la cloud forest de Monteverde et La
 Fortuna


130 km en 10h de bus


Nous savons qu’au Costa Rica, pour se déplacer, mieux vaut avoir une voiture. Les routes sont en mauvais état et sinueuses pour la plupart. Les distances ont beau être ridicules, il faut beaucoup de temps pour aller d’une ville à une autre. Mais notre budget ne nous permet pas de louer une voiture. Environ 2000 dollars pour un mois. Sans compter le prix de l’essence… C’est de nouveau en bus que nous parcourons les routes du Costa Rica. Aucun trajet n’est direct, les correspondances s’enchaînent. C’est comme ça que nous avons pris 1 bateau et 4 bus pour finalement faire demi tour vers la capitale pour éviter d’arriver trop tard. Une journée perdue dans les transports !


Santa Elena


Après 4h30 de bus depuis San José nous arrivons avec une journée de retard sur notre planning. L’auberge que nous avons réservé Pension Santa Elena, dans le petit village du même nom est parfaite : un accueil chaleureux, des canapés dans les parties communes, une super cuisine et des chambres cosy ! Elle se situe à quelques kilomètres de la réserve de Monteverde. Un village entouré par les montagnes mais surtout dans les nuages. Pas de doute nous sommes bien dans la Cloud Forest ! L’atmosphère est très particulière, nous avons littéralement la tête dans les nuages. Entourés d’arbres, les cumulus défilent devant nos yeux. 

Pendant les averses quotidiennes, nous profitons de l’ambiance de l’auberge, grandes tables en bois massif, fauteuils cosy, café artisanal. On y est bien ! La première nuit s’annonce réparatrice ! Mais un petit être vient perturber notre sommeil. Réveillée à minuit par un bruit d’animal qui essaye de se fourrer dans un sac plastique, je réveille François en panique :  » Il y a un animal dans la chambre ! ». On allume la lumière, on bouge les sacs, on les vide même. On imagine un serpent où une araignée caché sous chaque vêtement ! Après une heure de recherches infructueuses, nous nous endormons comme des flipettes, lumière allumée, un oeil entrouvert. Finalement la nuit ne sera pas réparatrice. 


Monteverde


C’est un peu fatigués que nous partons en direction de Monteverde pour visiter la réserve nationale. Devinez par quel moyen nous nous y rendons ? En stop ! Les horaires de bus ne sont franchement pas flexibles : 7h du matin ou 13h ! Un Ticos d’un certain âge nous y emmène. Il nous parle avec son espagnol des campagnes, nous ne comprenons pas tout, mais qu’est ce qu’il a l’air gentil ! Quand nous ne comprenons pas nous répondons « Si Si » avec un grand sourire niais. En général ça passe ! 

Arrivés devant le parc nous payons notre entrée, 20 dollars / personne tout de même et décidons d’emprunter le parcours le plus long, soit 5 heures de marche ! Et c’est parti, nous nous enfonçons dans les nuages ! Ça monte, ça descend, une vraie rando comme on les aime ! Nous apercevons un cul de koati, faciès de l’animal non identifiable, c’est une déduction liée aux observations anatomiques animalières. Nous sommes à l’affût du moindre bruit. Ce n’est pas le cas de tout le monde. En effet, nous croisons des putains de groupes qui parlent et qui rient bien trop fort pour que le moindre animal ose se montrer. C’est agaçant. Finalement, ce n’est pas ici que nous verrons le plus d’animaux mais la balade dans les nuages en vaut vraiment le détour ! Parfois nous avançons sans visibilité à plus de 2 mètres et quelques minutes plus tard, grand soleil. Un grand pont suspendu au dessus de la jungle nous laisse imaginer un scénario d’aventure. 

Pour finir en beauté, à quelques centaines de mètres de la fin, nous apercevons l’oiseau tant espéré, le piaf emblématique du Costa Rica : Monsieur Quetzal sur son arbre perché ! De magnifiques couleurs, une queue de près d’un mètre à en faire des envieux ! Il est majestueux ! Nous passons de longues minutes à l’observer et à le mitrailler en attendant qu’il prenne enfin son envol. Nous avons rencontré l’emblème du pays

De retour dans notre auberge, nous sommes prêts à élucider le mystère du bruit de la nuit passée. Une mygale ? Bien trop lent, un scorpion.. ? Non ça ne bouge pas. Dans un coin de notre sac nous découvrons nos gâteaux de survie grignotés. L’animal doit alors être un rongeur ! François, soulagé va alors se poser dans les canapés. Je reste quelques minutes, seule dans la chambre, suffisamment pour voir la coupable : une toute petite souris apeurée qui détale vers un petit trou caché dans la salle de bain. Plus de peur que de mal, nous ne risquons pas grand chose. C’est rassurés que nous dormirons tous les trois paisiblement.


Superman et saut de Tarzan


Le lendemain, on se fait plaisir ! Direction la canopy de Monteverde ! J’en rêvais depuis la préparation de ce voyage et François m’a suivie. Nous enchaînons les tyroliennes au dessus de la forêt et à travers les nuages. Le décor est incroyable ! Tels des aventuriers, nous nous lançons dans la tyrolienne superman la plus longue d’Amérique Centrale : 2 kilomètres à 130m de hauteur ! Allongés sur le ventre, la tête la première, nous volons tels des super-héros prêts à sauver le monde. « I belieeeeeevveee I can fllyyyyyyy » Il ne nous manque plus que la cape ! Pendant près de 2 minutes c’est comme si le temps s’était arrêté. Il y a juste nous, la forêt et l’épais brouillard qui nous laisse à peine entrevoir l’arrivée. Wahou ! Quelle expérience ! Mais l’adrénaline n’en n’a pas fini avec nous. Au prochain palier :  » Do you want to do Tarzan swing ? »  » Euh, I dont know ! » Et puis on se lance, après tout, on est ici pour ça, l’adrénaline ! On avance chacun notre tour sur le pont menant au saut. [Musique de Armageddon] A partir de ce moment, tout s’enchaîne très vite. En quelques secondes tu es attaché à la corde de Tarzan, tu t’accroches bien fort avec tes mains, ils ouvrent la porte et là tu te retrouves dans le vide avant même de te rendre compte que tu as sauté. Un premier cri de peur. Ce cri que tu pousses un peu de façon volontaire. Puis plus rien, le moment ou tu réalises que tu es dans le vide. Tu as tellement peur que tu ne peux même plus émettre le moindre son. Et enfin le cri de soulagement, celui qui indique que tu es content de l’avoir fait. Nous avons sauté de 50m dans le vide. François justifiera son cri par un baudrier un peu trop serré. 
Nous sortons de cette aventure avec des courbatures mais surtout des images plein la tête. Un après-midi de repos bien mérité après cette matinée chargée en émotion !


Saut dans 3 secondes

 


Night tour !


Au Costa Rica, certains animaux sont nocturnes, pour avoir la chance de les observer nous avons décidé de faire un tour de nuit. Nous ne sommes pas fan des tours en groupe avec guide mais de nuit par nous même, aucun animal ne s’est montré. Et puis nous sommes des flipettes pour le faire seuls de nuit. C’est donc avec 8 autres personnes — un peu trop bruyantes — que nous partons explorer un parc à la recherche de serpents, de grenouilles, de kinkajous ou de poulets comme le souhaitait un allemand ou tout autre animal qui voudra bien se montrer. Manches longues, pantalons, chaussures de rando, frontale, nous sommes parés ! Mais également kway et capuche pour se protéger des éventuels insectes qui pourraient tomber dans notre cou… La nuit est plutôt silencieuse, si on arrive à faire abstraction des bavards. Quelques bruits d’animaux par ci par là. Notre guide les imite afin de les attirer et de les voir bouger.

Un paresseux un peu trop facile à trouver, une mygale qui a élu domicile dans un terrier depuis plusieurs mois, une grenouille sortie de derrière une branche et un serpent camouflé. Nous sommes plutôt septiques. Les animaux ne sont-ils pas là en permanence ? Ne nous font-ils pas miroiter que l’on cherche des animaux alors qu’ils savent où ils se cachent ? Ce tour de nuit nous a permis de voir des animaux certes, mais quelques doutes subsistent quant à la bonne foi de ces guides. Peut-être s’agit il d’un attrape touristes…  Quoi qu’il en soit nous sommes mitigés sur cette activité.


122 Kilomètres de stop !


122 kilomètres nous séparent de La Fortuna, notre prochaine destination. Mais 122 kilomètres ici, ça peut être long… Nous prenons alors le bus de 7h pour descendre jusqu’au village de Tilaran. La route ressemble plutôt à un chemin, les virages se suivent et le mal des montagnes nous nargue. Ce premier trajet dure 2 heures ! Le bus suivant n’étant que 3 heures plus tard, nous décidons d’un commun accord de faire du stop. François se place dans une station service, il est persuadé que cette nouvelle façon de faire va fonctionner (lu dans un bouquin). Laura se place au bord de la route, comme les fois précédentes, gros sac sur le dos, petit sac sur le ventre. En quelques minutes, une voiture s’arrête. Laura 1-0 François ! (Les cheveux longs doivent plus attirer que la barbe) S’en suivront 1h30 de trajet à discuter avec notre chauffeur en surplombant le lac Arenal et son volcan. Ce dernier a comme toujours, la tête dans les nuages. Il est très rare de le voir entièrement dégagé.


La Fortuna : des retrouvailles et des sources d’eau chaude


C’est ici, dans la même auberge que la nôtre que Julie et Kristen ont posé leurs valises. Nous les avions rencontré à l’Animal Rescue Center en début de voyage et avons fait en sorte de nous retrouver ici. Recroiser des têtes connues, c’est quand même vachement agréable. Nous échangeons nos aventures de voyage autour d’un repas typique composé en partie de riz et de haricots rouges et partageons nos cocktails d’arrivée multicolores.


Ici, il y a beaucoup de tours organisés et nous on aime pas trop ça. Déjà ça coûte cher et en plus ça nous prive de notre liberté. Du coup, pas beaucoup de choix d’activités mais celles qu’on fait, on les apprécie vraiment. Ici, c’est LE spot pour les sources naturelles d’eau chaude. On en trouve partout mais la majorité est payante et souvent très cher. Comptez 80 dollars pour une journée d’accès avec repas et boissons compris. Mais notre charmant chauffeur de la veille nous a montré un endroit où l’accès aux sources est gratuit. 8h30 nous sommes donc les premiers à venir patauger. Quelle chance ! Installés dans un petit jacouz naturel, nous apercevons déjà les touristes et les locaux arriver. Bien contents de monopoliser le meilleur endroit, nous en profitons pendant 3 heures. L’eau y est à environ 35 degrés, la température extérieure est aux alentours de 20 degrés. Cela nous permet de soulager nos courbatures toujours présentes depuis la canopy. Après une matinée, nous finirons par léguer notre sanctuaire au deux espagnoles qui nous ont déposé le matin en stop dans ce petit paradis bouillonant. 

On a aimé :
Voler dans la cloud forest, une expérience unique !
Voir un quetzal, magnifique oiseau emblématique du pays
Faire du stop sur de petites puis de grandes distances. On rencontre plein de gens sympas !
Se baigner dans des sources d’eau chaude naturelles
Randonner la tête dans les nuages

On a moins aimé :
Le prix exorbitant des activités à Monteverde et La Fortuna
La petite nausée obligatoire pour venir et partir de Monteverde

2 pensées sur “Costa Rica : La Cloud Forest

  1. Bonjour
    À quel endroit votre source d’eau chaude secrète ?
    Je souhaite partir en décembre avec petit budget 😊
    Merciii
    Très intéressant votre blog

    1. Hello Angie,

      Merci pour ton message,
      Le spot se situe à côté de l’hotel Tabacon : Free Natural Hot Springs River sur Google Map, n’y vas pas trop tard pour profiter du lieu sans trop de monde.
      Bon voyage

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