3 jours sur le lac Titicaca


C’est en compagnie de Caroline, rencontrée à Cuzco que nous rejoignons le lac Titicaca. Premier arrêt : Puno, la ville principale du lac côté péruvien. Nous ne prévoyons pas d’y rester. Si nous sommes ici, c’est pour rejoindre les îles du lac. Arrivés en début d’après midi, nous allons quand même à la découverte de la ville, c’est la journée du fruit et il y a dans l’artère principale des marchands partout ! Des centaines de « mamitas » tiennent leur stand. Elles vendent toutes les mêmes produits : des mangues, des bananes, des ananas et d’autres fruits que nous ne connaissons pas. Les prix sont dérisoires, nous achetons 3 grosses mangues pour moins d’un euro. Et dire qu’en France, une mangue coûte 4 fois plus cher. Moi qui adore ça, je suis servie ! Un petit tour au port pour se renseigner sur les prix des bateaux pour les îles puis la ballade est interrompue par la pluie. Nous rentrons alors à l’hôtel afin de préparer les prochains jours sur le lac Titicaca.

Nous partons dans l’idée de visiter 3 îles en passant 1 nuit et 1 journée sur chaque : Taquile puis Amantani et enfin une île minuscule Ticonata.

Levé aux aurores. Le seul bateau de la journée pour Taquile quitte le port à 7h30. Après un arrêt très touristique sur les îles Uros et 3h de navigation, nous posons le pied sur l’île. 7km de long pour 1,5km de large. Elle n’est pas bien grande mais elle est magnifique. En plus, le soleil est au rendez-vous ! 1h de marche sur les sentiers et nous arrivons dans un petit restaurant pour le déjeuner. Pour 5 euros par personne, nous mangeons une soupe de quinoa aux légumes, une truite à la plancha avec du riz, des frites et quelques légumes le tout accompagné d’un thé à la coca. Plutôt pas mal vu le prix ! José, le chef responsable de la coopérative nous donne des explications sur les coutumes.


Point culture sur les habits


Ici, ils portent un costume traditionnel particulier, différent du reste du Pérou. Les hommes sont en pantalon noir avec une chemise qui j’en suis sûre était blanche fut un temps, une ceinture brodée sur l’île avec plein de sigles ayant chacun une signification particulière et un bonnet. Celui-ci est différent selon le statut matrimonial. S’il est entièrement coloré, cela signifie que l’homme est marié. Au contraire, s’il est moitié blanc moitié coloré, l’homme est célibataire. Et enfin, les hommes importants de l’île ont encore un autre bonnet très coloré avec des pompons sur les côtés. Tous sont cousus par les hommes qui apprennent la couture à partir de l’âge de 5 ans. Il est très fréquent de rencontrer les hommes en train de marcher et de coudre en même temps.

L’échange de feuilles de coca entre habitants de Taquile

Les femmes sont en jupes, elles en portent plusieurs les unes sur les autres, toutes de couleurs différentes avec le plus souvent un pull rouge. Elles portent également la même ceinture que les hommes. Leur tenue est complétée par un grand châle noir qu’elles portent sur la tête. Celui-ci a 4 pompons colorés mais selon le statut matrimonial, leur taille change. S’ils sont très fournis, cela signifie que la femme est célibataire. Au contraire s’ils sont plus petits, cela veut dire qu’elle est mariée.

Le statut matrimonial de chacun est donc affiché sur l’île. Après ce cours très intéressant sur la culture de l’île, José nous indique dans quelle famille nous allons loger. Pour assurer un revenu égal à chaque famille de l’île, les touristes sont répartis da façon équitable. 


L’arrivée chez Gonzalo


Gonzalo nous accueille chaleureusement. Il se trouve qu’il a été à Paris dans les années 80. Il travaillait pour L’UNESCO et participait à des conférences sur les habits traditionnels de Taquile. Il a l’air content de nous recevoir. Nous discutons un moment et faisons comprendre à Gonzalo que nous sommes là pour découvrir son mode de vie et que ça nous ferait plaisir de l’aider dans ses tâches quotidiennes.

Nous découvrons notre chambre. Trois petit lits simples en bois et une bougie posée sur une vieille table. Une illustration idéale de la maison de boucle d’or. C’est simple mais suffisant. Il y a même des toilettes, on est étonnés et contents. Par contre, pas de douche, il ne faut pas trop en demander. 

Pour le coucher du soleil, Gonzalo nous emmène sur point culminant de l’île. Il priera pour nous en tenant des feuilles de coca puis les cachera derrière une pierre. Nous nous joignons à lui dans ce moment spirituel pour partager un instant fort en émotion. Nous restons plusieurs minutes sur le mirador à admirer les alentours.

En rentrant nous décidons d’un commun accord tous les trois de rester une nuit de plus sur cette île et d’annuler la visite des deux autres. Nous préférons rester ici avec cette famille plutôt que de survoler trop rapidement le reste.

Le soir, nous mangeons un repas modeste composé d’une soupe de quinoa et d’une omelette aux frites. Pour notre plus grand plaisir, Gonzalo se joint à nous. Nous avons trouvé ce que nous sommes venu chercher, de l’authenticité et de la simplicité.

À 21h, tout le monde au lit. Il fait nuit et il n’y a pas d’électricité, autant se reposer. Avec les 3 couvertures en alpaga, nous sommes bien au chaud malgré le froid régnant la nuit.

Au petit déjeuner, nous avons la chance de déguster des pancakes ! Rien de mieux pour démarrer la journée. 

Après s’être bien rempli le ventre, Gonzalo et sa femme nous invitent à essayer leurs costumes traditionnels. Un moment de partage et de rigolade. Ces vêtements n’ont tellement rien à voir avec la collection 2017 de Mango ou Zara et contrastent avec nos textiles de Décathlon ! Pourtant ici, il est normal d’être vêtu comme ça. Revenus à notre look européen nous partons nourrir les moutons qui sont à l’autre bout du bout de terre. Nous voilà partis avec nos bâches remplies de feuilles de maïs sur le dos. Malgré ses 69 ans, Gonzalo est en forme olympique, il fait ce chemin tous les jours à 4000m d’altitude, on est époustouflés et essoufflés.

Le seul point négatif de cette escapade sera de répartir avec une légère tourista. Les conditions d’hygiène pendant la préparation des repas n’étais pas optimales. Cuisiner des plats par terre autour du feu sans frigo et certainement sans se laver les mains…

 De retour à Puno, nous apprenons que le Dakar y passe le lendemain. Les hôtels sont pleins et il difficile d’en trouver un. Le lendemain, sur la route vers le Canyon de Colca, nous croiserons les motos, quads, voitures et camions, pour le plus grand plaisir de François collé à la vitre pendant les 5h de trajet.


Le deuxième plus grand canyon du monde


 

Depuis Puno, nous décidons de rejoindre directement le Canyon de Colca plutôt que de le faire depuis Arequipa comme le font beaucoup de personnes, cela est plus direct.

Pour commencer le trek du Canyon de Colca, le plus simple est de se rendre dans la ville de Cabanaconde. Nous décidons d’y passer la nuit afin de pouvoir partir tôt le lendemain. Après l’accueil très froid à l’auberge, nous profitons de la dernière douche chaude avant quelques jours. Une bonne nuit et un petit déjeuner à base d’avocat, de jambon et de fromage avant de partir. Nous laissons nos gros sacs dans l’auberge le temps du trek et partons seulement avec nos petits sacs et le minimum pour 3 jours. 

Le temps est couvert, nous débutons par le mirador qui nous permet de voir la quasi totalité du canyon. On se rend alors compte de la distance que nous allons devoir parcourir ces prochains jours. Pour cette première journée, une grande descente puis une petite montée nous attendent. C’est accompagnés de « Cactus » que nous entamons la descente sur le chemin. Cactus, c’est le nom que nous avons donné au chien qui nous a suivi partiellement pendant ces 3 jours. La descente est plutôt agréable, nous ne croisons quasi personne. Seulement deux groupes se trouvent à quelques virages devant nous. Les genoux commencent à souffrir un peu sur la fin de la descente. Mais nous apercevons déjà les geysers. Une petite pause pour les observer et sentir l’oeuf pourri due au soufre puis nous repartons pour la dernière ligne droite. Maintenant, ça monte et il commence à faire chaud. Heureusement, le village de Llahuar est visible du chemin, nous ne sommes plus bien loin. Une dernière descente difficile pour les genoux et nous voilà arrivés. Une péruvienne nous accueille et nous propose un bungalow. Il n’y a pas vraiment d’autre choix ici. Pour 12 euros, la chambre est rustique avec un lit confortable et l’accès aux sanitaires d’eau froide. Ils proposent également les repas car à moins d’avoir apporté à manger pour la totalité de la rando, il est impossible de manger ailleurs.

Dans ce coin très reculé, il n’existe que ce lodge. Après un repas composé des restes de la pizza de la veille et de sandwichs confectionnés grâce au petit déjeuner du matin, nous profitons du lieu paisible. Quelques français sont également ici, nous faisons connaissance et décidons d’aller profiter des bains de sources d’eau chaude. Cet endroit est connu pour ça et il est vrai qu’après une matinée de trek il doit être agréable de se prélasser dedans. Mais pas de chance pour nous, il a trop plu et le Rio Colca a submergé les bains. Il s’agit plutôt de boue à 10 degrés que de bains d’eau claire à 39 degrés. Faute de mieux, nous sympathisons alors autour d’un jeu de cartes en attendant le repas du soir. Nous retrouvons également Cactus qui nous avait abandonné sur le chemin, certainement pour renifler un autre groupe puis découvrons 4 chiens qui ont pour habitude de suivre les voyageurs pendant leur trek. A 21h, après un repas du soir sans grand intérêt si ce n’est celui de remplir l’estomac, nous allons nous coucher. Il fait nuit et il fait froid, nous sommes contents de nous glisser sous nos deux couvertures d’alpaga

Un petit déjeuner à la hauteur du repas de la veille et nous partons vers l’oasis de Sangalle. C’est avec Carole et William, 2 français rencontrés la veille que nous nous engageons sur le chemin. Nous discutons, apprenons à nous connaître. Ça passe bien plus vite comme ça ! Les paysages sont magnifiques, la profondeur du canyon impressionnante. Sur la montagne en face de nous, un bus avance prudemment sur l’étroit chemin. Il est possible de l’utiliser pour se rapprocher de l’oasis mais vue la dangerosité de la piste, nous sommes ravis de le faire à pieds. À l’affût d’un condor, nous scrutons le ciel mais toujours rien, il fait déjà bien trop chaud ce matin pour espérer les voir. Par contre, d’où nous sommes nous apercevons les palmiers du paradis, tout au fond du canyon avec ses 5 piscines. Vue la chaleur qu’il fait, nous avons hâte d’arriver pour en profiter. Nous descendons en petite foulée afin de ne pas trop se fatiguer les jambes. A notre arrivée dans le village, il y a plusieurs auberges. Sans réservation, nous suivons Carole et William à Paraiso Las Palmeras Lodge. Une chambre rustique pour moins de 15 euros, un repas pour moins de 5 euros, une piscine de folie. On reste ici ! En quelques minutes, nous voilà en maillot de bain à profiter du soleil et de la piscine dans un décor de rêve. L’oasis regorge également d’arbres fruitiers, c’est comme ça que nous avons dégusté des avocats tout juste tombés de l’arbre, des pommes et des fruits de la passion. L’inconvénient d’être dans un lieu si reculé, c’est le prix de l’eau. Elle coûte quasiment aussi cher qu’un repas pour une personne. Mais nous sommes rusés et utilisons l’eau bouillie pour le thé et avions prévu quelques comprimés purificateurs d’eau. Il n’y a pas de petites économies ! Parce que pour le lendemain, de l’eau il va y en avoir besoin !

Nous nous réveillons à 5h, 20 minutes plus tard nous foulons les graviers pour parcourir 1100 mètres de dénivelé positif. On sait que ça va être dur alors on commence doucement mais on marche de façon régulière. On boit en marchant, on mange une barre de céréales de temps en temps et surtout on ne s’arrête pas pour s’assoir. Sur le chemin, on croise des groupes partis plus tôt mais qui ont l’air vraiment fatigué. L’un d’entre eux nous interpelle pour nous demander de l’eau. Il a l’air de tellement souffrir qu’on lui donne une petite bouteille. On en a prévu suffisamment. Mais on ne s’arrête pas bien longtemps, on repart aussitôt. Le secret pour y arriver c’est de ne pas s’arrêter. En 2h20 nous sommes au sommet, bien contents d’en avoir enfin terminé. Nous rejoignons le village et notre bus qui se dirige vers Arequipa.


Arequipa


Nous avons lu beaucoup d’avis positifs sur Arequipa, nous nous attendons alors à être vraiment époustouflés.
Sans réservation, nous arrivons à une adresse trouvée sur Booking. La chambre n’est plus disponible mais il y en a une autre, plus cher… Fatigués par le voyage, nous décidons de nous poser là pour une nuit. L’avantage qu’aura eu cette auberge c’est le petit déjeuner très bon et copieux mais surtout la vue de la terrasse. Assis autour de la table, nous admirons Misti, Chachani et Pichu Pichu, les trois volcans situés en périphérie de la ville.

Nous changeons enfin d’hôtel car celui-ci est trop bruyant et un peu trop cher. Le Bubamara San Lazaro n’a rien à voir avec le précédent. Situé sur une avenue assez bruyante, il est très bien isolé et est très calme. Un vrai havre de paix aux couleurs du couvent Santa Catalina.

A présent, nous partons à la découverte de la ville. Les ruelles piétonnes et la place principale sont très agréables. Nous nous baladons au gré de nos envies. Le midi nous mangeons chez Pasta Canteen, pas très péruvien mais très bon et pas cher. C’est LE resto économique de la ville. Tous les backpakers passés par là y ont mangé. Après une balade digestive bien agréable, nous rentrons à l’auberge pour se reposer tout en profitant du cadre agréable de notre hostal. Et comme on compte bien profiter de la gastronomie péruvienne jusqu’au bout, le soir nous allons manger chez Hatunpa. Le principe de ce resto est de faire découvrir différentes variétés de pommes de terre tout en mangeant des plats typiquement péruviens. Un Lomo saltado pour François, un Aji de Gallina pour Laura, avec 6 variétés de pommes de terre. En plus, le service est top ! On recommande !

Le lendemain, visite du couvent Santa Catalina ! C’est l’activité principale de la ville et il est vrai que nous n’avons pas été déçus. Le prix semble un peu élevé, 40 soles mais il en vaut vraiment la peine. Cet édifice est le plus grand couvent du monde et il abrite encore des soeurs. L’immersion est totale. On s’imagine à l’époque et on voit très bien les soeurs préparer leurs repas dans les cuisines d’autrefois au feu de bois. Les chambres sont très modestes, les toilettes et salle de bains rudimentaires. Presque tout se visite, des différents cloîtres en passant par la laverie, les cuisines, le cimetière et le réfectoire. Seule la partie où vivent actuellement les soeurs reste secrète.  En bref, une visite très intéressante avec des panneaux explicatifs en français, un vrai plus pour comprendre l’histoire de chaque pièce.

Il y a beaucoup de restaurants intéressants dans cette ville. Cela nous amène donc à La lucha pour le repas du midi. Un burger-sandwich à tester pour un repas rapide et efficace !

Le soir, nous retrouvons Priscillia et Christopher que nous avions rencontré à Cusco. Nous nous donnons rendez-vous dans le centre de la ville pour un dernier resto péruvien. Cela nous donne l’impression d’être chez nous et de sortir avec des amis, comme nous le faisons en France. Un peu de chez nous dans ce pays pourtant si loin.

Le lendemain, de nouvelles aventures nous attendent au Chili !


La vidéo résumé


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