Aujourd’hui cela fait 8 mois que je suis en tour du monde, et je perçois une facette du voyage que je ne soupçonnais pas. Découvrir différents pays pendant 1 an est une forme de liberté, un rêve vous diront certains. J’aimerai parler d’un problème qui n’est pas souvent abordé, outre les beaux clichés Instagram et articles contemplatifs soigneusement rédigés, voyager est très souvent signe de frustrations.

La première réalité du voyage je l’ai connue au bout du 2ème jour. Lorsqu’à San Francisco je cherchais un endroit où déjeuner. Habituellement en vacances je sélectionne un restaurant agréable, qui sert de bons plats typiques. Non ici je n’ai pas le budget. Avec 5 euros par repas, il est impossible de répondre à ces exigences. Pour ce prix là, tu peux trouver un petit menu au Mc Donald’s ou éventuellement un Hot Dog, un Pepsi et manger sur un banc. 

La première frustration est née. Celle de ne pas pouvoir goûter ces petites choses que la région propose. Les solutions passent par se cuisiner des pâtes, faire les marchés et vivre comme un local. Car en réalité, les Thaïlandais ne mangent pas de gambas grillées à chaque repas, les péruviens gardent l’escalope d’alpaga pour les occasions. Tout comme en France, nous ne mangeons pas du foie gras et du bœuf bourguignon chaque soir. Manger local ne signifie pas goûter un canard laqué midi et soir au restaurant. Si vous comprenez ceci, alors peut être que la frustration sera moins grande. Au Mexique, un avocat acheté sur le marché pour 1 euro avec une dizaine de tortillas et un fromage local constituent un repas typique. 

La question du budget est souvent une deuxième cause de frustration. Celle qui t’empêche de profiter d’une activité pourtant rêvée avant d’arriver dans le pays. Qui n’a pas pensé gravir le Machu Picchu, plonger dans les Caraïbes ou tout autre loisir proposé dans les agences.

Combien de Français n’ont pas vu la tour Eiffel, combien n’ont pas visité les calanques. Parfois un touriste de passage dans votre ville connaît le seul musée alors que vous ne vous y êtes jamais attardé. Il vous faut sélectionner et faire des concessions. L’acceptation que vous ne pouvez pas tout faire

Lorsque je préparais mon voyage, j’avais prévu 19 pays en 10 mois. Chose qui était clairement utopique. Alors on oublie l’Argentine et les chutes d’Iguazu, puis on retire l’Australie, qu’on gardera pour un prochain voyage. Cette frustration faite de concessions est identique pendant le voyage. La solution passe par l’acceptation de zapper cette sortie et de savourer encore plus la seule et unique. Tout comme le plaisir de s’acheter tel ou tel objet longtemps convoité. Le bonheur serait-il le même si nous avions tout, tout de suite ? 

Ça y est, vous avez trouvé l’activité ! Pour dénicher le bon plan vous épluchez le web, les blogs et les agences. Vous comparez les prix et décidez du jour. Vous regardez les solutions de logements, de transports.. Quoi, il est déjà 22h !? 


L’impression de ne jamais avoir le temps. 


Cela peut paraître dérisoire lorsqu’on annonce partir voyager un an. Les remarques du genre « Nan mais attends moi je pars que 2 semaines par an ! » vous font culpabiliser et ne vous aide clairement pas à avancer.

En voyage le temps passe tellement vite. Au début je me levais tôt pour profiter d’une journée complète et jouir du maximum de temps à observer la culture, les lieux. Plus le temps passe et plus la fatigue l’emporte. Alors on se lève plus tard, on passe du temps dans l’hôtel à procastiner, à lire un bouquin. Ce temps est nécessaire si vous souhaitez durer. D’après les voyageurs rencontrés sur la route ce sentiment de ne pas avoir le temps est souvent rencontré. Trouver où dormir demain, où manger ce midi car le marché d’à côté est fermé aujourd’hui. Consulter la météo pour vos activités, regarder les formalités de visa pour la suite, vérifier le prix du prochain vol. Toutes ces tâches prennent déjà un temps considérable. Ajoutez-y la gestion d’un blog ou d’un réseau social, le tri des photos et vous serez vite dépassés. 

En voyageant à deux il est plus facile de diviser ces tâches et donc d’avancer plus vite. Attention à bien appréhender ce critère car il peut vite devenir un frein au voyage et avec un frein vous n’irez pas très loin. Si vous êtes dans ce cas, alors il vous faut analyser ce qui vous prend du temps et trouver des solutions. Faire à manger pour plusieurs repas, prendre une journée entière à planifier la suite pour être dégagé des tâches organisationnelles. Parfois certains voyageurs arrêtent les mises à jour de leur blog ou stoppent le montage vidéo pour finalement profiter de leur voyage.


La gestion du blog et des photos


Dans notre cas, nous gérons le blog, les réseaux, les photos et les videos. Même si Laura rédige beaucoup, il faut souvent relire, améliorer, corriger les photos et monter les plans vidéos. Et plus vous avancez dans les pays, plus vous prenez du retard. Une frustration encore ! Avant de partir je souhaitais faire du blog un vrai site bien construit avec des vidéos qui claquent. De part mon métier de graphiste et de communiquant je suis plutôt exigeant sur ce critère. Plus le temps passe et moins je suis satisfait du résultat final. J’aimerai prendre le temps de faire de la qualité. Alors après 7 mois, je lâche l’idée de faire des vidéos. Je me consacre à la photo principalement et je ferais mes montages en rentrant pour réaliser les souvenirs que j’idéalise.

Souvent je me pose la question, est-ce qu’en rentrant j’aurais des regrets. La réponse est souvent liée à une activité ou visite non accomplie mais jamais à une vidéo ou un article non publié. Faite le bon choix, il y a le métier de blogger voyageur et il y a votre voyage. Ce ne sont pas vos amis et votre famille qui vous engueuleront car l’article du Pérou n’est toujours pas en ligne. Et rien ne vous empêche d’envoyer quelques photos de temps en temps pour satisfaire la soif d’aventure de votre entourage.


Voyagez comme vous êtes


Mon voyage à été préparé en visionnant des vidéos YouTube pendant des soirées entières, en épluchant les blogs de voyageurs. Je me suis fait une idée de la façon de voyager qui n’est pas la mienne. Oui j’aimerai tellement voyager comme dans J’irai dormir chez vous » avoir les couilles de « Nus et culottés » et l’aventure de « Pékin Express ». Mais je ne suis pas comme ça. Je n’ose pas naturellement aller parler à un local par peur de le déranger. Tu ne parleras pas aux inconnus et tu ne dérangeras pas les autres font partis de l’éducation que j’ai eu. En revanche un sourire, un geste amical et de la générosité tu donneras.

Dans certains pays d’Asie les locaux sont timides et n’iront pas spontanément discuter avec vous. Là où en Nouvelle-Zélande on viendra vous parler de tout et de rien sans même demander la raison de votre voyage. Alors petit à petit j’ai eu la frustration de ne pas rencontrer assez de locaux. De ne pas vivre l’expérience à fond ! Pourtant à la télé ça paraît si facile. Certains voyageurs rencontrés ontle contact facile, Laura comme moi sommes plus en retrait, attendant le premier regard avant de briser la glace. Quand tu es fatigué, après 8h de bus, tu souhaites juste un hôtel tranquille, tu n’as pas envie de parler dans une langue étrangère. Alors tu t’enfermes dans ta chambre et tu restes sur ton portable. Cette attitude vient à l’encontre de la vie de voyageur, s’ouvrir sur le monde et non pas sur Facebook. Si tu es dans ce cas là, alors il faut réagir vite, prendre une décision. Se reposer, rester plus longtemps dans une ville, éteindre le téléphone, prendre des auberges en dortoir.

A chaque rencontre, que ce soit avec des locaux ou d’autre globes trotteurs nous n’avons jamais regretté le temps passé à discuter de notre expérience de voyage. Ces moments sociaux sont toujours appréciables et boostent par la suite. Ils permettent souvent de dénicher des bons plans pour la suite du voyage et de gagner du temps d’organisation. 

Cela fait un bout de temps que je réfléchissais à cet article. Je parle à la première personne car Laura n’a peut être pas la même impression et je tenais à partager ce sentiment qui est avant tout personnel.

Je ne suis pas entrain de dire que voyager est synonyme de sacrifices et de frustrations mais simplement que tout comme dans la vie de tous les jours, il y a des hauts et des bas. Des avantages et des inconvénients et qu’en être conscient est important. D’après tous les témoignages recueillis chaque voyage est différent ! Il n’y a pas qu’une façon de faire un tour du monde. Parfois une visite incroyable  pour vous sera un calvaire pour d’autres. Faites vous votre propre avis pour essuyer toutes les critiques. Il suffit d’un bus raté pour que toute l’expérience qui s’en suive paraisse horrible. En revanche une visite gratuite qui devait être payante peut illuminer votre journée.

Ainsi si je devais résumer et donner un seul conseil ce serait de profiter de VOTRE voyage avec VOTRE expérience en fonction de qui VOUS êtes réellement. Non vous n’êtes pas Little Gipsy ni Alex Vizeo et encore moins Antoine de Maximy. Si vous ne savez pas qui vous êtes le voyage peut vous aider à trouver la réponse, mais la clé de votre bonheur n’est peut-être pas celle de la porte d’embarquement.

Si vous aussi, votre expérience du voyage n’était pas comme vous l’imaginiez ou si d’autres frustrations sont nées, n’hésitez pas à les partager, un voyageur averti en vaut deux  

Bon voyage à tous,

9 pensées sur “La frustration du voyageur

  1. Merci pour ton honnêteté! Je prépare mon voyage et ton article me rassure un peu!.. bonne continuation 🙂 votre blog est Top! Enjoy copains voyageurs

  2. Encore une fois un article super intéressant ! La pire frustration que nous avons rencontré est celle infligée par les autres voyageurs et cette idée de tout comparer « quoi t’as pas fait cette activité ? Bah t’as rien fait enfaite ! ».
    Nous venons de rentrer depuis 5 jours et pour nous toutes les frustrations sont partis quand on regarde ce que l’on a parcouru !
    Voyagez comme vous le voulez et soyez fier de votre chemin !

    1. Merci, c’est vrai que nous avons rencontré aussi ce genre de réflexion… Tu culpabilises d’avoir zappé ça.. Mais ta remarque sur le retour est très intéressante. Au retour nous serons fiers 😀

  3. Salut les globe trottants,

    Tellement d’accord, il faut s’écouter, ne pas griller toute son énergie en essayant de tout voir et tout partager… Il y a des moments où on a envie de rien faire, ben on fait rien !!! 🙂 Les rencontres, même d’autres voyageurs, font partie du plaisir n’est-ce pas ?
    à bientôt !
    llamas y olas <3

    1. On est dac ! Surtout que vous faites partie des premiers voyageurs rencontrés 😀
      Reposez vous bien, voyagez bien et à bientôt !

      Bizzz

  4. Vraiment vraiment d’accord avec tout ça ! L’impossibilité de tout goûter et de tout faire pour cause de budget à respecter, le temps qui file si vite et qu’il faut régulièrement consacrer à de l’organisation / des courses / du repos, la difficulté à garder son blog à jour… On a aussi vécu tout ça et je trouve génial que vous ayez fait un article sur le sujet ! Bonne continuation !

  5. Je passais juste et hop je tombe sur cet article, tu as vraiment raisons sur tout les points surtout sur la frustration, une sensation qui ne quitte jamais pendant les voyages. Bonne continuation et merci beaucoup pour le partage

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