Le Kirghizistan

• Voyage au pays des nomades •

Pour raconter la naissance de ce projet un peu fou qu’est de faire le tour du monde, il est nécessaire de raconter le voyage qui nous a aidé à nous décider. C’était en Juin 2016 et nous partions pour le Kirghizistan, un petit pays malheureusement mal connu, enraciné entre la Chine, le Kazakhstan et le Tadjikistan.

Nous ne savons plus exactement ce qui nous a fait nous décider pour ce pays, mais ce fut pourtant un coup de coeur ! Nous étions à la recherche d’un pays original, où nous ne serions pas envahis de touristes. Nous avons été servis !

Song kol lake
Paysage grandiose à Song Kol

UNE ARRIVÉE COMPLIQUÉE


Après un départ de Paris le Samedi 18 Juin 2016, nous parcourons les plus de 6000 km nous permettant de rejoindre Bishkek, la capitale du Kirghizistan. 12h de vol et une très courte escale plus tard, nous posons pour la première fois le pied en Asie le lendemain à 5h30 du matin. Nous sommes fatigués mais avons hâte de partir à la découverte de ce pays si mystérieux. Un premier imprévu va venir contrarier un peu nos plans. C’est sans nos bagages que nous découvrirons la capitale. Un peu perturbés par cette entrée en matière, nous nous mettons en direction du centre. Un minibus rempli de kirghizes, payé une misère nous y amène. Nous découvrons une ville où il est aisé de se déplacer en bus, l’atmosphère y est agréable. Nous y découvrirons des gens sympathiques, faciles à aborder, une cuisine typiquement asiatique très appréciable et des rues où il fait bon se balader.


La gentillesse des nomades


Kirghizes nomades
Laura avec les 2 filles de « Chacou »

Les premiers Kirghizes avec lesquels nous avons discuté ne nous ont pas donné la meilleure impression qui soit. C’était lors de notre arrivée à l’aéroport, après le passage des douanes. Nous nous rendons compte que nos bagages ne nous ont pas suivis et allons donc voir au guichet des bagages perdus. Une femme nous accueille dans sa langue, nous lui expliquons en anglais le soucis que nous rencontrons avec nos bagages. Elle a l’air de ne pas comprendre, mais ne fait pas trop d’effort. Nous tentons de communiquer, tant bien que mal. Ca sera la première et dernière expérience négative. Tous les locaux rencontrés au fil de notre séjour ont toujours été très abordables et très sympathiques.

Laura, Paco, breakfast is ready ! 

Paysage Kirghize
Paysage Kirghize – Altyn Arashan

Ce même premier jour, nous cherchions notre hôtel, avec une simple adresse écrite sur un bout de papier et la carte de notre portable pour se repérer. Nous finissons par demander notre chemin à un jeune homme croisé sur notre route. Il ne parle pas bien anglais mais nous arrivons à communiquer. Il nous amène à quelques centaines de mètres de là, près d’un de ses amis qui lui, parle bien anglais. Ouf ! Ils décident de nous accompagner jusqu’à notre hôtel. On fait un peu connaissance sur le chemin et ils nous proposent de se retrouver l’après midi même pour nous faire visiter la ville. Nous acceptons avec joie. Quel accueil ! Les évènements de la journée feront que nous ne nous retrouverons finalement pas, mais nous gardons un beau souvenir de leur sympathie.

Kirghizistan Yourte et jeune Kirghize

Quelques jours plus tard, nous partions pour un trek de 4 jours près de Karakol, à l’Est du pays, accompagnés de notre guide et notre porteur. Ce furent 4 jours intenses, plein d’émotions, que l’on a eu la chance de partager avec eux. De la joie du début du trek, au découragement après avoir subi la pluie toute une journée, en passant par les petits plats préparés avec trois fois rien sur un minuscule réchaud par notre guide. « Laura, Paco, breakfast is ready ! » criait-il de l’extérieur de notre tente. Nous ne nous connaissions pas et pourtant , nous avons aimé partager avec eux ces moments, qui resteront des moments uniques. Parce que faire du feu avec du bois mouillé et faire sécher nos vêtements de la journée étendus sur des bouts de bois ou encore boire de la vodka kirghize dans un village tout en haut d’une montagne avec un russe, ça ne s’oublie pas.

Kirghizistan Nomades
Kirghizistan

 

Après cette expérience de trek, nous prenions le bus pour rejoindre le lac Song Kol. Sur la route, nous avons fait halte dans un minuscule village nommé Tamga. Perdus au milieu de nul part, le chauffeur de notre minibus, nous conduisait vers une guesthouse. Nous ne savions pas vraiment à quoi nous attendre. Une petite dame âgée nous a alors accueillis avec sa petite fille âgée d’à peine 10 ans. Elle était si adorable et paraissait si pauvre que quelque soit la chambre, je crois que nous aurions dormi ici. Cet endroit avait une âme, avec son petit potager et ses arbres fruitiers bien entretenus. La chambre était très simple, avec une décoration enfantine et une salle de bain très rudimentaire, mais tout de même munie d’une télévision, qui nous avait permis de regarder le match de la coupe d’Europe diffusé ce soir là. Pour une nuit, cela nous convenait parfaitement. La gentillesse de cette dame était au dessus de ce que nous pouvions espérer. Après nous être baladés dans le village et près du lac, nous sommes rentrés à notre chambre et avons eu la joie de trouver un bol rempli de fruits du jardin qu’elle avait déposé là pour nous. La nuit fut calme et le petit déjeuner du matin exquis. Une petite photo souvenir avec la petite fille et sa grand-mère et nous nous remettions en route, ravis d’avoir fait leur rencontre.

Camping au Kirghizistan
Camping au Kirghizistan

Notre dernière expérience au Kirghizistan nous a menée au lac Song Kol, à plus de 3000 m d’altitude. Nous y avons rencontré une famille semi nomade avec laquelle nous avons vécu pendant 3 jours. Ils ne parlaient pas un mot d’anglais mais nous avons réussi à communiquer. Nous avons découvert leur vie, rythmée par la traite des animaux, la préparation des repas, la visite de leurs amis, l’échange avec eux de leurs ressources respectives, l’aménagement de leur intérieur… Nous avons partagé des fou rires et des moments d’émotion sans avoir besoin de partager le même langage, juste avec des gestes, de la musique ou des photos. Vue d’ici, leur vie nous paraît tellement lointaine, pourtant là bas, nous étions immergés dans leur famille et nous nous sentions à l’aise.


Les découvertes culinaires


Un plat Kirghize
Un plat Kirghize

Le Kirghizistan nous a fait rencontrer des personnes très sympathiques qui nous ont fait goûté des mets locaux typiques. La cuisine kirghize est composée principalement de riz et de viande, souvent du mouton, agrémentés de légumes et souvent en sauce.

A Bishkek, pour notre premier dîner, nous avions choisi un restaurant en terrasse très agréable et le choix du menu fut laissé au hasard. En effet, avec une carte écrite seulement en Kirghize mais tout de même traduite en Russe, nous ne comprenions pas grand chose. Pour ne pas nous faciliter la tâche, les serveurs ne parlaient pas anglais. Néanmoins, nous avions en notre possession un petit outil  préparé avant de partir. Il s’agit d’une simple feuille avec des icônes des choses les plus basiques pour communiquer. Grâce à cela, nous avons pu communiquer avec le serveur et avons choisi un plat dans lequel nous savions qu’il y avait du boeuf. En effet, nous avons dégusté un plat assez simple constitué de riz, d’un steak haché et d’un oeuf. Pour un premier repas, rien de très atypique mais c’était ce qu’il nous fallait pour nous rassasier.

Il faut savoir qu’au Kirghizistan une boisson est très répandue et très appréciée de ses habitants. Il s’agit du Koumys ou lait de jument. Sa particularité est qu’il est fermenté, il se conserve donc plus longtemps que le lait standard. Nous avons eu l’honneur, que dis-je, le grand plaisir, d’en goûter à deux reprises. Nous en avions entendu parler avant notre voyage, ce qui nous a permis de goûter prudemment. Nous avons bien fait ! Visuellement, on dirait bien du lait, olfactivement on perçoit la fermentation et gustativement, on se demande si on va être capable de déglutir notre gorgée. Pour notre part, nous avons eu l’impression de boire du lait gazeux, alcoolisé et périmé. Habituellement, nous ne sommes pas difficiles et mangeons de tout , surtout lorsque cela nous est offert, mais le Koumys, ca a été au dessus de nos forces.

Pour des questions de santé, d’hygiène mais aussi de tradition, il faut savoir qu’au Kirghizistan, ils ne boivent que très rarement de l’eau, sauf si elle est en bouteille, ce qui, pour les nomades est assez rare. La famille dans laquelle nous avons passé 3 jours au milieu de nul part, utilisait l’eau du fleuve, qui coulait de la montagne et se jetait dans le lac. Ils la faisaient bouillir pour la débarrasser de ses éventuelles bactéries et en faisaient du thé. Chaque repas, durant 3 jours, nous avons consommé du thé. Cela n’est pas vraiment habituel, pour nous occidentaux mais s’avère très appréciable et désaltérant. D’ailleurs, pendant quelques jours après être rentrés en France, nous avons gardé ce rite de boire du thé en mangeant. Mais les habitudes reprenant vite le dessus, nous n’avons pas gardé ce rituel très longtemps.

Nous ne pouvons pas parler des traditions culinaires sans évoquer les portions. Lorsque nous étions invités dans des familles, nous mangions toujours des quantités supérieures à ce que notre estomac peu d’habitude supporter. Lorsque nous avons séjourné chez Déco, sa soeur cuisinait pour nous. Nous mangions très bien, mais lorsque nous avions fini notre assiette, elle nous en servait toujours une seconde. Il fallait alors accepter et finir sa deuxième assiette sous peine qu’elle se vexe. Comme dans beaucoup de traditions, si on te sert un repas et que tu ne finis pas ou que tu ne te ressers pas, cela signifie que tu n’as pas apprécié. Tradition oblige, nous avons mangé tout ce qui nous a été servi !


Les paysages merveilleux


Nomade à cheval au Kirghizistan
Le cheval au Kirghizistan


 
Voyager au Kirghizistan, c’est tantôt marcher dans une capitale où il est difficile de supporter la chaleur, tantôt dormir sous une tente, à 5° au milieu des montagnesEn 2 semaines, les paysages ont défilé sous nos yeux, la végétation s’est modifiée et nous avons profité de la nature Kirghize.

En plein mois de Juin, à Bishkek, la capitale, la chaleur est écrasante. Nous n’y sommes donc pas restés longtemps mais avons pu profiter des rues ombragées et des parcs verdoyants. Le marché de la ville est très atypique pour nous Européens. Nous avons été marqué par la pauvreté y régnant et n’avons même pas osé sortir notre appareil photo.

Randonnée au Kirghizistan
Randonnée au Kirghizistan

Quelques heures de bus nous ont permis d’arriver à Karakol et nous plongeons dans une toute autre ambiance. C’est dans ce petit village plutôt désert que se poursuit le dépaysement. La rue principale ressemble plutôt à un chemin qu’à une route et nous dînons dans le restaurant principal du village. Nous passons la nuit dans une guesthouse et au petit matin, nous partons pour notre trek.

La première journée de trek, nous sommes au milieu de nulle part dans les montagnes kirghizes. Entourés de verdure, la pluie s’abattant sur nous et l’orage grondant dans nos oreilles, cette entrée en matière est un peu déstabilisante. Comme partout, dans les montagnes, le temps change vite, pourtant, ce jour-là, la pluie nous a accompagné jusqu’à l’endroit où nous nous sommes installés pour la nuit. Nous avons dormi en plein milieu des montagnes, nos tentes plantées sur une petite butte et nous sommes laissés bercer par le courant de la rivière. Mais cette nuit là, le froid s’est avéré particulièrement difficile. Quelles différences de climat entre les régions!

Sur la fin de notre voyage, nous avons eu plus de chance au niveau du temps et avons pu profiter des immenses plaines. Vous connaissez les grandes plaines Mongoles?  Ici, c’est pareil ! Avec le lac Issyk-Kul en plein milieu et quelques yourtes de part et d’autre. Un vrai bonheur d’avoir passé quelques jours dans ce magnifique paysage, complètement déconnecté de la réalité.

Un dernier passage dans la capitale et nous reprenions l’avion de belles images plein l’esprit !

Nous vous laissons les coordonnées de notre Guide qui nous a bien été utile ! Et en plus il parle Français. Merci à toi Ilichbek. https://www.facebook.com/guide.kirghizstan/ ou www.guide-kirghizistan.voyage

5 pensées sur “Prélude au Tour du monde

  1. Merci pour ce récit qui me rappelle de beaux souvenirs de juin 2016, où j’ai visité le Kirghizistan.
    Je reconnais sur votre photo la famille ‘chacou’ avec la petite Keremet et sa soeur, nous sommes restés 4 jours dans cette famille…que du bonheur…
    Je vous souhaite encore plein de beaux voyages

    1. Merci pour votre commentaire 🙂
      En effet, il s’agit bien de la même famille. Un vrai bonheur d’avoir passé quelques jours en leur compagnie aussi. Un dépaysement tel qu’on n’en a jamais vu ailleurs.
      Plein de beaux voyages à vous aussi 🙂

  2. Bonjour!
    Après un tour du monde nous nous envolerons en juillet prochain pour le Kirghizistan! 😉 ayant eu un coup de cœur pour la Mongolie, ce pays nous tendait les bras!
    Du coup une petite question, comment avez vous organisé votre séjour autour du lac Song Kol? Étiez vous encore avec votre guide?
    Merci et bonne continuation, on va suivre vos aventures dorénavant!

    1. Bonjour Elise et merci pour ton commentaire, en effet le Kirghizistan est un pays méconnu mais avec des paysages magnifiques !

      Lors de notre arrivée à Bishkek notre Guide Illisbhek (contact disponible dans l’article) est venu à l’hôtel pour organiser l’intégralité de notre séjour. Nous avions donc prévu l’itinéraire et les logements. Nous devions juste nous débrouiller pour les transports, mais il nous avait expliqué où prendre les bus.

      Il parle français couramment et il nous a écrit des messages en Kirghize afin de le montrer si besoin. Je t’invite à lui parler avant ton départ et une fois sur place pour discuter de tout ça. Il fait son métier merveilleusement bien.

      N’hésite pas si tu as d’autres questions et bon voyage !

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