L’expérience que nous avons vécue dans le centre de secours pour animaux a été unique mais avant de vous parler de cette semaine riche en decouvertes, parlons un peu de notre arrivée à San José.


Un vol flippant


Dimanche 19 novembre, 8h30, nous partons de Cuba pour le Costa Rica. L’avion dans lequel nous nous apprêtons à monter est probablement le plus petit que nous n’ayons jamais emprunté. Une centaine de places à peine. Nous ne sommes pas très rassurés, quelques regards se croisent entre les passagers, des sourires serrés. Installés dans l’une des rangés de 2 places, l’avion commence à rouler en direction de la piste de décollage. Puis revient se garer (on dit comme ça pour un avion ?) à la porte d’embarquement. Un message du pilote nous informe d’un problème technique concernant l’avion, il faut descendre et retourner en salle d’embarquement. Nous venions justement de remarquer que tous nos vols s’étaient bien passés jusqu’à présent, aucune annulation, aucun retard. Un par un, les passagers débarquent et remontent dans la navette censée nous ramener à la salle d’embarquement. Quelques éclats de rire du côté de l’équipage puis on nous indique que le problème est résolu et que nous pouvons regagner l’avion. Genre, c’est bon on a fixé l’aile avec du velcro ça devrait tenir ! S’en suivront 4h de stress où chaque bruit nous laisse repenser au synopsis de Lost, les disparus, au milieu des Caraïbes. Le pilote traverse l’avion de temps en temps, le velcro doit également tenir l’accélérateur. Hormis l’atterrissage un peu brutal, tout ce sera finalement bien passé. C’est soulagés que nous posons les pieds au Costa Rica. 

Le petit avion en direction de San Jose

Une grande capitale


Pour moins de 2 dollars chacun, un bus nous conduit dans le centre de San José. Inutile de prendre un taxi ! Il fait chaud, il y a du monde dans les rues, nous nous dirigeons vers notre auberge. Conscient que nous ne sommes pas ici pour le shopping et les fast food, nous souffrons néanmoins d’une boulimie Macdonaldite aigu post Cubaine. Généralement soignée par un triple cheese taille XL à la sortie du bus. Il paraît que c’est normal. Après le traitement, nous nous baladons dans le marché principal et dans les rues remplies de magasins. Rien d’exceptionnel mais voir des magasins remplis après l’aventure cubaine nous rappellent pourquoi nous sommes abonnés à Amazon Prime.

Dès les première heures à San José, nous nous rendons compte de la grande sympathie des ticos et des ticas ( c’est le p’tit surnom des Costa Ricain). Pas besoin de leur poser la question, ils nous demandent où nous souhaitons aller et nous indiquent le chemin très naturellement. Nous sommes agréablement surpris ! Cela nous aura aussi permis d’organiser notre semaine suivante.


Promener des paresseux, nourrir les perroquets


Après deux mois et demi de voyage à vadrouiller un peu partout, nous désirons nous poser quelques temps. Changer d’endroit tous les 3 jours est assez fatiguant et demande beaucoup d’organisation. Après les méditations à Cuba et 3 mois sans travailler, le Costa Rica semble être le pays idéal pour donner un coup de main. 

Nous envoyons quelques mails à différents centres s’occupant d’animaux dans l’espoir qu’ils recrutent des bénévoles de dernière minute. Le centre d’aide aux animaux de Turrucares nous répond positivement. Habituellement les centres ne prennent que pour 1 mois minimum, mais pas celui là !

Deux heures de bus nous permettent de rejoindre le Centre, dans un coin un peu perdu. L’ambiance ressemble à une auberge de jeunesse. Une vingtaine de personnes fourmille autour des enclos, dans les parties communes, dans les dortoirs. Des chambres de 12 lits, des repas à heures fixes, un vrai planning comme dans la vraie vie. Ça nous fait du bien d’être posés au même endroit pendant une semaine. Pas de prise de tête pour savoir quel sera le logement des prochains jours ou de quoi sera fait le prochain repas. Un all inclusive en sac à dos pour aider les êtres à quatre pattes (ou 2 parfois).

Ici, le travail se dispatche en équipes. On nous met donc chacun dans un groupe différent. Les Globes Trottants ne trottent plus et sont séparés !  Laura n’est pas très rassurée de ne pas être dans la même équipe que François. En effet, ici tout le monde discute en anglais. La semaine s’annonce linguistiquement difficile ! Les jours se suivent avec la même organisation. Levés 6h, petit déj à 7h, meeting à 8h, boulot à 8h30. Pourtant, chaque jour est différent car les équipes tournent et chacun s’occupe d’animaux différents. Hier tu promenais Rosie le cochon aveugle (Edit : Enfaite il n’était pas aveugle, mais juste gros, avoir des bourlets autour des yeux empêchent de voir), aujourd’hui tu ramasses les crottes de paresseux et demain tu distribueras les fruits aux perroquets.

Le lieu des meetings 2x par jour

Ici il y a deux catégories d’animaux. Il y a ceux qui sont voués à sortir du centre. Ils sont malades ou ont besoin d’aide temporairement. L’objectif est de les aider à réapprendre à vivre dans la nature. Nadine, la chouette a juste eu un problème de santé, elle a été recueillie par le centre et elle va mieux. Il faut maintenant lui réapprendre à chasser pour qu’elle puisse sortir. Et il y a ceux qui habitent ici et qui ne sortiront jamais. Il y a différentes raisons. Evo, le ouistiti à toupet blanc était un animal domestique mais son habitat naturel c’est le Brésil. Il ne peut donc pas être relâché ici au Costa Rica. Merlin le hibou, a une seule aile, impossible pour lui de voler et donc de chasser. Le centre est là pour le nourrir et nettoyer son environnement. Certains animaux ont une histoire de vie très étrange. C’est le cas d’un des singes araignées. Il a été retrouvé derrière un bar en ville en train de boire de l’alcool et de se droguer. On imagine le primate serrer le garrot avec les dents une Impériale à la patte. Il était probablement domestique et son propriétaire a été contraint de l’abandonner à cause de son agressivité.

Evo, le ouistiti à toupet blanc qui a adoré les grattouilles
Déjeuner pour la volière

Notre travail dans le centre consiste à nettoyer les enclos/cages, comprendre : ramoner le sol qui sert de toilettes , faire leur vaisselle et passer le balai. Histoire de ne pas perdre la main pendant ce voyage !

La promenade des bébés paresseux et un selfie !

Mais également à nourrir les bêtes, à chacun sa recette adaptée, un vrai restaurant. Chaque soir, à 17h, c’est l’heure d’apporter les feuilles fraîches aux animaux. Le moment que tout volontaire cherche à éviter. Cet instant où tu dois passer un coup de fil important ou d’une envie soudaine de déposer les enfants à la piscine. Ces commandements quotidiens sont : 

Sous la pluie tropicale (qui débute à 16h59) tu travailleras
Les feuilles fraichement rapportées de la jungle du découperas 
La morsure de dizaines de fourmis tu subiras
Dans la nuit, les enclos tu chercheras
Trempé et sale tu rentreras

Le tri des feuilles avant la tombée de la nuit

En complément de ces tâches il y a des projets parallèles. Construire une nouvelle cabane pour Salima le porc-épic, agrandir l’enclos de Pétunia le koati, trouver un nom au perroquet nouvellement arrivé. Bref, il ne manque pas d’occupation ici et chaque idée est bonne à prendre. 

Notre petit coup de coeur :

Il y a des cages dans lesquelles les bénévoles ne rentrent pas car les animaux risquent d’être dangereux. C’est le cas des capucins. Nous ne sommes jamais rentrés dans leur enclos. Pourtant, c’est avec Prince, le bébé du groupe que François a tissé des liens. Il a moins d’un an et comme un bébé humain, il est tout fou dès qu’il s’agit de jouer avec lui, il se cache derrière sa maman dès qu’il a peur et il fronce les sourcils quand il n’a pas ce qu’il veut. C’est assez fou de lire toutes ces expressions sur le visage d’un singe. Alors on s’est pris d’affection pour lui. Tous les matins à 6h30, un coucou à Prince et des titites papouilles sur les titites mimines. François lui aura même laissé un souvenir, une pancarte en bois à son nom devant la cage.

Le petit tour à 6h30 pour dire bonjour !
Prince, le capucin de 1 an

Mais cette expérience avec les animaux c’est aussi des rencontres humaines. Des gens venus de tous les pays du monde : des australiens, des belges, des mexicains, des allemands… Ici c’est un concentré du monde ! Tous réunis pour la même cause :   « Why are you here ?  » « Because the animals need us !  ». Le fameux cri de guerre du centre après chaque meeting !

Nous tirons plusieurs conclusions de cette semaine. C’est bien de couper le voyage par une semaine d’activité et ça permet de rencontrer de nouvelles personnes pour le reste du séjour. Nous en avons beaucoup appris sur les animaux et c’était quand même le but premier, nous avons pu les approcher et s’en occuper. Laura a également fait de jolis progrès en anglais, ce qui servira pour le reste du voyage.

Mais la vie en si grande communauté n’est pas simple. Les derniers jours, nous étions une quarantaine ! L’impression qu’une routine s’établie, les plats se ressemblent, et il nous manque ce que nous aimons : La liberté. En une semaine nous ne sommes pas sorti du centre, comme si nous étions nous même dans un enclos. Ce qui aura pour cause de rechoper la McDonaldite aigue, aussitôt traitée. 

Si vous avez du temps au Costa Rica, on vous le conseille ! Vous n’aurez probablement jamais l’occasion d’approcher d’aussi près autant d’espèces différentes ! Et puis l’ambiance est cool.

C’est avec notre couple de hippies autrichiens préféré (genre on en connait plein),  que nous partons du centre pour rejoindre Delphine, une bénévole belge pour retrouver une seconde fois la mer des Caraïbes.  

Lucy, le bébé singe hurleur malade
L’animal le plus heureux du monde
La balade dans le centre à l’aube
Au revoir Nadine !

On a aimé :
Voir tous ces animaux de si près et s’occuper d’eux
Rencontrer des gens venus du monde entier
Etre posé au même endroit pendant une semaine
Jouer avec Prince, le bébé capucin
Nourrir les perroquets
Caresser Evo le Ouistiti avec une brosse à dents

On a moins aimé :
Se faire piquer par les fourmis
Les dortoirs à 12 lits et les douches pas vraiment propres

3 pensées sur “Volontariat au Costa Rica

  1. Et vous avez pas honte d’aller « secourir » des animaux et vous empiffrer de macdo de babylon, énorme firme qui détruit foret et animaux tous les jours??des milliers de km pr bouffer cette merde!!!!!?????pareil, y’en a qui vont secourir les orangs-outans à sumatra et qui se gave de nutella . Tss bien triste ce nouveau genre de voyageur,vous avez RIEN compris, la dissonance cognitive résonne dans votre récit comme un échos dans une montagne .

    1. Salut Yohan tout d’abord merci pour ton commentaire, tu as au moins pris le temps de lire l’article, nous y sommes reconnaissants. Si tu te permets de juger c’est que tu as visiblement toi aussi voyagé durant une longue période et que tu as su t’adapter à une vie minimaliste en respectant un budget restreint. Tu as également voyagé sans avion en ne mangeant que des produits issus de l’agriculture biologique et tout ça encore une fois avec un petit porte-feuille. Sais-tu qu’internet est le 5ème « pays » le plus polluant au monde ? En naviguant sur notre site sous la casquette d’un maître de leçon, tu contribues à cet acte criminel sans peut-être même le savoir.

      Mais comme nous sommes plutôt sans rancoeur, nous te remercions pour ta visite et te souhaitons une agréable vie fleurie et remplie de bonheur.

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